Manuel du bois

Tape un mot : les chapitres, le glossaire et la fiche des outils sont fouillés.

Partie I · Le bois et l’atelier

4Chapitre

Organiser un petit atelier

Un coin de garage de 3 × 2,5 m suffit pour tout ce manuel, à condition que chaque chose ait sa place : l’établi, les outils au mur, le bois sur un râtelier, un poste de coupe dégagé, de la lumière et des prises sûres.

Outils
Tasseaux et contreplaqué pour le mur à outils · Chevilles adaptées à ton mur · Réglette LED, lampe orientable · Extincteur à eau pulvérisée avec additif (6 L)
À lire avant
3. L’atelier et la sécurité
Lecture
12 minutes

Pas besoin d’un grand atelier. Un coin de garage, de cave ou d’abri de jardin de 3 × 2,5 m suffit pour tous les projets de ce manuel, y compris l’établi. Ce qui compte, c’est que chaque chose ait sa place : on travaille mieux, et plus prudemment, quand on n’a pas à déplacer trois objets avant chaque coupe ni à chercher l’équerre sous la sciure.

Le chapitre sur la sécurité a posé les règles de base du poste de travail. Celui-ci propose une organisation complète, que tu adapteras à ta pièce.

Le plan

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Un coin de garage de 3 × 2,5 m
Un coin de garage de 3 × 2,5 m aménagé en atelier.
  1. 1Un coin de garage de 3 × 2,5 m

    Quatre zones, chacune à sa place : l’établi contre le mur du fond, les outils au mur juste au-dessus, le bois le long d’un mur latéral, et au milieu, un poste de coupe dont on peut faire le tour.

    Les petits travaux se font à l’établi ; les grands panneaux se coupent au milieu de la pièce, là où il y a de la place tout autour.

  2. 2L’établi contre le mur, au centre de tout

    L’établi, celui du projet 3, est le meuble central. Contre un mur, il ne bouge pas quand on tape ou qu’on pousse ; dégagé devant et sur les côtés, il permet de serrer une pièce longue qui dépasse. Sa hauteur se règle sur la tienne : le chapitre de l’établi explique comment.

    En attendant de l’avoir construit, deux tréteaux solides et un panneau épais font l’affaire. Dessous, les machines dans leurs coffrets : à portée de main, et à l’abri de la poussière.

  3. 3Les outils au mur, au-dessus de l’établi

    Ce qui sert à chaque séance doit se prendre sans faire un pas : règle, équerre, mètre, crayons, serre-joints. Accroche-les au mur, au-dessus de l’établi, entre la hauteur des hanches et celle des épaules ; ce qui sert rarement va plus haut ou plus bas.

    Le plus simple : un panneau de contreplaqué de 18 mm vissé au mur, et des tasseaux vissés dessus. Les serre-joints s’y suspendent par leur mors, les règles et les équerres sur des vis ou des crochets.

  4. 4Le poste de coupe : deux tréteaux et un martyr

    Pour couper un grand panneau, il faut de la place tout autour : pour toi, pour la scie, pour son câble et pour le tuyau d’aspiration. Deux tréteaux et un martyr en mousse isolante, comme au chapitre de la scie plongeante : la pièce est soutenue de partout, et rien ne tombe en fin de coupe.

    Des tréteaux pliants se rangent contre un mur quand on n’en a pas besoin.

  5. 5Le bois à plat, sur un râtelier mural

    Le bois se range à plat, sur un râtelier mural : des montants vissés au mur, et des bras en porte-à-faux tous les 60 à 70 cm, pour qu’aucune planche ne fléchisse entre deux appuis. Les planches en bas, les sections plus lourdes au milieu, les tasseaux en haut.

    Le bois est lourd : fixe les montants avec des chevilles adaptées à ton mur (béton, brique creuse et plaque de plâtre ne prennent pas les mêmes). Les panneaux se rangent debout sur leur chant, bien calés à la verticale, ou à plat sous le râtelier ; les chutes utiles, dans un bac.

  6. 6Lumière, prises et aspiration

    La lumière : une réglette LED en blanc neutre (autour de 4000 K) au-dessus de l’établi, un peu en avant de toi, pour ne pas travailler dans ton ombre. Ajoute une lampe orientable : posée presque à plat, sa lumière rasante fait ressortir les traits de crayon, les rayures et les traces de colle.

    Les prises : plusieurs, au-dessus du plateau, pour que les câbles ne traînent pas au sol. Elles doivent être protégées par un disjoncteur différentiel 30 mA au tableau électrique : vérifie-le, ou fais-le vérifier.

    L’aspiration : l’aspirateur près de l’établi, avec un tuyau assez long pour atteindre le poste de coupe. Beaucoup d’aspirateurs d’atelier ont une prise sur laquelle brancher la machine : l’aspiration démarre et s’arrête avec elle.

  7. 7Un passage dégagé de l’entrée à l’établi

    Garde un passage dégagé de l’entrée à l’établi et autour du poste de coupe : pas de câble, de chute ou de serre-joint au sol pour s’y prendre les pieds au mauvais moment.

    L’extincteur se fixe près de la sortie : en cas de feu, on l’attrape en partant, sans passer devant les flammes. Pour un atelier bois, un extincteur à eau pulvérisée avec additif, de 6 litres, convient. La trousse de secours à côté, et ton téléphone pas loin.

Le climat de l’atelier

  • L’humidité fait rouiller les outils et gonfler le bois. Dans un garage ou une cave humides, aère dès que possible ; un déshumidificateur règle le problème, et un voile d’huile protège les surfaces d’acier nues.
  • Le froid gêne surtout la colle et les finitions. La colle vinylique a une température minimale d’emploi, indiquée sur le pot (souvent entre 5 et 10 °C) ; en dessous, elle ne fait pas un vrai joint. Les huiles et les vernis sèchent mal au froid. En hiver, colle et finis dans une pièce chauffée, ou chauffe l’atelier quelques heures avant.
  • Le chauffage : jamais d’appareil à flamme ni à résistance apparente près de la sciure, des chiffons ou des solvants.
  • Le bruit : une scie ou une défonceuse s’entendent loin. Beaucoup de communes fixent des horaires pour le bricolage bruyant : renseigne-toi, et garde les travaux bruyants pour la journée.

Le ménage

Cinq minutes à la fin de chaque séance : les outils à leur place, la sciure aspirée, les chutes triées. Aspire plutôt que balayer : le balai remet en l’air la poussière la plus fine, celle qui va dans les poumons. Un atelier rangé, c’est aussi un atelier où l’on ne pose pas la main sur une lame cachée sous un chiffon.

S’équiper petit à petit

Inutile de tout acheter d’un coup. Un ordre qui suit les projets de ce manuel :

  1. Les protections : lunettes, casque antibruit, masque, aspirateur. Avant tout le reste.
  2. Mesurer et tracer : mètre, équerre, réglet, crayon, trusquin.
  3. Couper et assembler : la scie plongeante et son rail, la visseuse, des serre-joints, de quoi faire la caisse à outils.
  4. Finir : la ponceuse excentrique et ses abrasifs.
  5. Aller plus loin : la défonceuse et ses fraises, le gabarit à tourillons, des ciseaux à bois, au fil des projets.

L’annexe L’atelier présente chacun de ces outils, et ce qu’il faut regarder avant de l’acheter.