Partie IV · Finitions
22Chapitre
Teintes et cires
Une teinte change la couleur du bois mais ne le protège pas ; une cire le protège peu mais lui donne un toucher incomparable. Toujours un essai sur une chute, et toujours une protection par-dessus la teinte.
Teinter, c’est changer la couleur du bois sans cacher son veinage : donner à un pin l’allure d’un bois plus sombre, assortir un meuble à un autre. Mais une teinte
teinte — Produit qui change la couleur du bois sans cacher son veinage. Elle ne protège pas : on la recouvre toujours d’une huile, d’un vernis ou d’une cire. Glossaire → n’est qu’une couleur : elle ne protège rien. On la recouvre toujours d’une huile, d’un vernis ou d’une cire.
Et le pin, bois tendre et irrégulier, est l’un des plus difficiles à teinter. D’où une règle sans exception : l’essai sur une chute, avant de toucher au meuble.
Les familles de teintes
- La teinte à l’eau pénètre profondément et donne des couleurs franches, sans odeur. Elle relève le filrelever le fil — Mouiller légèrement le bois, le laisser sécher, puis le poncer très légèrement : les fibres que l’eau a dressées sont coupées, et une finition à l’eau ne les relèvera plus. Glossaire → : relève-le avant, comme pour un vernis à l’eau. Elle sèche vite, ce qui marque les reprises sur une grande surface.
- La teinte à solvant ou à l’alcool sèche plus vite encore, et sent fort : ventile.
- La teinte en gel, épaisse, reste en surface et s’essuie. C’est la plus régulière sur le pin et les bois tendres : le meilleur choix pour débuter.
- L’huile ou le vernis teintés colorent et protègent en une fois. Pratique, mais la couleur est dans le film : chaque couche fonce un peu plus, et une rayure laisse voir le bois clair dessous.
Pour l’extérieur, on parle de lasure : une finition teintée faite pour la pluie et le soleil, qui sort du cadre de ce manuel.
Pourquoi le pin fait des taches
Le pin n’absorbe pas la teinte de la même façon partout. Le bois de printemps, clair et tendre, en boit beaucoup ; le bois d’été, dense, presque pas. Autour des nœuds et là où le fil ondule, le bois boit davantage : des marbrures sombres apparaissent, qu’on ne peut plus enlever.
Trois façons de les limiter : une teinte en gel ; un produit de préparation avant teinte (souvent vendu comme « conditionneur »), qui égalise l’absorption ; ou une teinte claire, qui marque moins. Et parfois, la meilleure solution est de laisser le pin tel qu’il est, sous une simple huile.
Le bois de bout boit encore plus, comme une paille : il fonce beaucoup plus que les faces. Ponce-le plus fin, au 240, et charge-le moins.
Faire un essai
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1Une chute du même bois, poncée comme le meuble
Prends une chute du même bois que le meuble, si possible de la même planche, et ponce-la exactement comme lui : la teinte dépend du grain final. Un bois poncé au 240 prend moins de teinte, donc paraît plus clair, que le même bois poncé au 120.
Partage-la en quatre zones, au crayon ou au ruban de masquage, et numérote-les sur le chant.
2Une couche de teinte sur les zones 2 à 4, excédent essuyé
Gants aux mains, applique la teinte sur les zones 2 à 4, au chiffon ou au pinceau, dans le sens du fil. Laisse agir le temps indiqué sur le pot, puis essuie l’excédent avec un chiffon propre, toujours dans le sens du fil, de la même façon sur toute la surface.
3Sèche : une deuxième couche sur les zones 3 et 4
Une fois sèche, passe une deuxième couche sur les zones 3 et 4 : elle fonce la teinte. Si c’est encore trop clair, mieux vaut une teinte plus foncée qu’une troisième couche, qui ne pénètre plus et reste poisseuse en surface.
4La finition par-dessus : c’est elle qui donne la couleur finale
Passe sur la zone 4 la finition prévue, huile ou vernis. Elle fonce et réchauffe la couleur : c’est cette zone qui montre le résultat final, pas la teinte seule.
L’essai vérifie aussi que la finition s’accorde avec la teinte : certains vernis à solvant redissolvent une teinte à solvant et l’étalent. Annote la planchette au dos (produits, nombre de couches, grain) et garde-la.
Teinter le meuble
- Même préparation que l’essai : même grain, même dépoussiérage. Passe un chiffon humide sur tout le meuble : les traces de colle apparaissent en taches claires. Ponce-les, car la teinte ne prendra pas dessus.
- Une pièce ou une face entière à la fois, sans t’arrêter au milieu : la teinte qui sèche avant d’être rejointe laisse une marque. Commence par les parties cachées pour te faire la main.
- Laisse agir, puis essuie, de la même façon partout, dans le sens du fil.
- Laisse sécher le temps indiqué, puis passe la finition. La première couche de vernis se pose sans trop travailler le pinceau, pour ne pas entraîner la teinte.
La cire
La cire donne au bois un toucher doux et un léger satiné. Elle protège peu : un peu des taches et de la poussière, pas de l’eau ni de la chaleur.
- La cire d’abeille est la plus douce et la plus facile ; une cire dure (mélangée à de la cire de carnauba) résiste mieux.
- Sur le bois brut, elle suffit pour un objet peu exposé : un cadre, une boîte, un jouet. Sur une huile bien sèche, elle sert d’entretien et donne un beau toucher.
- Jamais sous un vernis : rien n’accroche sur la cire, et elle est difficile à enlever complètement.
- Pas sur ce qui voit l’eau ou la chaleur, une table de cuisine ou un plan de travail : elle blanchit et s’use vite.
Pour l’appliquer :
- Une couche fine, au chiffon ou au tampon abrasif fin, dans le sens du fil. Trop de cire reste collante et ne brille jamais.
- Laisse-la sécher et se ternir, le temps indiqué sur la boîte (souvent un quart d’heure à une demi-heure).
- Lustre vigoureusement au chiffon de laine ou de coton, jusqu’à ce que le chiffon glisse.
- Deux ou trois couches fines, à quelques heures d’intervalle. Ensuite, un chiffon sec pour l’entretien, et une couche de temps en temps.

