Manuel du bois

Tape un mot : les chapitres, le glossaire et la fiche des outils sont fouillés.

Partie III · Assemblages

17Chapitre

Le tenon-mortaise à la défonceuse

L’assemblage des chaises, des tables et des portes : un tenon taillé au bout de la traverse entre dans une mortaise creusée dans le pied. La défonceuse creuse la mortaise, la scie plongeante et le ciseau taillent le tenon.

Outils
Défonceuse, fraise droite de 10 mm à coupe en bout, guide parallèle · Deux tasseaux et des serre-joints (butées, appui) · Scie plongeante et rail · Ciseaux à bois de 10 et 25 mm, maillet · Trusquin, équerre, cutter · Colle vinylique, serre-joints
À lire avant
8. La défonceuse · 16. Le mi-bois
Lecture
16 minutes

Le tenon-mortaise est l’assemblage des meubles qui doivent durer : chaises, tables, portes, et bien des établis. Un tenontenon — Languette taillée au bout d’une pièce, qui entre dans la mortaise d’une autre. Ses joues sont collées, ses épaulements portent contre la pièce. Glossaire →, une languette taillée au bout de la traverse, entre dans une mortaisemortaise — Cavité rectangulaire creusée dans une pièce pour recevoir le tenon d’une autre. Glossaire → creusée dans le pied. Les jouesjoue — Face large d’un tenon, celle qui est collée contre la paroi de la mortaise. Glossaire → du tenon sont collées sur de grandes surfaces de bois de fil ; les épaulementsépaulement — Face d’appui perpendiculaire créée par une feuillure ou un tenon, contre laquelle vient buter l’autre pièce. Glossaire → portent contre le pied et empêchent la traverse de pivoter. Il résiste aux efforts de travers qui finissent par disloquer les autres assemblages.

À la main, la mortaise se creuse au bédane, coup après coup. Ici, la défonceuse fait le gros du travail, et le ciseau finit les coins.

Les proportions

  • L’épaisseur du tenon : environ le tiers de celle de la traverse, arrondie au diamètre d’une fraise. Pour une traverse de 27 mm, un tenon de 10 mm, creusé avec une fraise de 10.
  • Sa longueur : les deux tiers de l’épaisseur du pied environ. Dans un pied de 45, une mortaise de 30 mm de profondeur, et un tenon de 28 mm : les 2 mm du fond laissent la place à l’excédent de colle.
  • Sa largeur : la hauteur de la traverse moins un épaulement de 10 mm en haut et en bas. Les épaulements cachent les bouts de la mortaise, et l’assemblage reste net même si elle est un peu longue.

Pas à pas

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Tracer la mortaise et le tenon, depuis les faces de référence
Une traverse de 27 × 70 assemblée dans un pied de 45 × 45 (mortaise et tenon tracés en orange).
  1. 1Tracer la mortaise et le tenon, depuis les faces de référence

    Choisis et marque les faces de référence de chaque pièce : tous les réglages partiront d’elles. Sur le pied, trace les deux bouts de la mortaise (50 mm de long). Sur la traverse, trace l’épaulement à 28 mm du bout, tout autour de la pièce, à l’équerre et au cutter : ce trait net guidera la scie et le ciseau.

  2. 2La mortaise à la défonceuse, en trois passes de 10 mm

    Fraise droite de 10 dans la défonceuse, guide parallèle réglé pour centrer la fraise sur l’épaisseur du pied, appuyé contre la face de référence. Serre deux tasseaux en butées : ils arrêtent la machine quand la fraise arrive sur les traits des bouts.

    Un pied de 45 est trop étroit pour que la semelle reste bien à plat : serre contre lui un second pied, ou une planche de même épaisseur, affleurés. Creuse en trois passes de 10 mm : plonge, avance de butée à butée, remonte, descends de 10 mm, et ainsi de suite.

  3. 3Équarrir les bouts au ciseau

    La fraise laisse des bouts arrondis. Équarris-les au ciseau de 10 : pose le tranchant sur le trait, biseau tourné vers l’intérieur de la mortaise, un coup de maillet léger, puis dégage le copeau. Avance par petites tranches jusqu’au fond, en gardant le ciseau bien d’aplomb.

    Autre solution : garder la mortaise à bouts ronds et arrondir les arêtes du tenon à la râpe pour qu’il les épouse.

  4. 4Le tenon : joues et épaulements, comme un mi-bois

    Le tenon se taille comme un mi-bois, des deux côtés. Scie plongeante réglée à 8,5 mm de profondeur (vérifie sur une chute), coupe l’épaulement sur chaque face, puis des traits rapprochés jusqu’au bout, et dégage les languettes au ciseau. Même chose pour les épaulements haut et bas, la traverse posée sur chant.

    Laisse le tenon un peu fort, d’un demi-millimètre : on ajuste à la main, on ne rajoute pas de bois.

  5. 5Présenter : il entre à la main, sans forcer et sans jeu

    Présente le tenon : il doit entrer à la main, ou d’un petit coup de maillet, sans jeu, et l’épaulement doit porter contre le pied sur tout son tour.

    • Trop serré : affine une joue au ciseau, ou avec de l’abrasif collé sur une cale bien plate, en vérifiant souvent. Si l’assemblage est trop serré, la colle fait gonfler le bois et le pied peut se fendre au serrage.
    • Trop lâche : colle une fine lamelle de bois sur une joue, laisse sécher et reprends.
    • L’épaulement ne porte pas : un fond de tenon trop long, ou un épaulement de travers ; reprends-le au ciseau, contre le trait.
  6. 6Collé et serré : la colle travaille sur les joues (vue en coupe)

    Encolle les parois de la mortaise au pinceau fin et les joues du tenon, sans excès. Emboîte, serre dans l’axe de la traverse, contrôle l’équerrage, et essuie la colle qui perle. Vu en coupe : les joues collées sur toute leur surface, et les 2 mm de vide au fond, où l’excédent de colle trouve sa place.

    Pour un meuble très sollicité, on peut aussi cheviller le tenon : une cheville de bois traverse le pied et le tenon, et le tient même si la colle cède un jour.